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Publications de Michel Diserens

  


Pour quelle raison écrivez-vous, me demandent souvent les gens ?

Beaucoup d'écrivains vous conteront qu'ils ont dès leur jeune âge été baignés dans le monde fascinant de la littérature, maîtrisant très tôt l'art de lire, dévorant tout ce qui passait à leur portée : périodiques, documents publicitaires et autres publications de toutes provenances. D'autres pourront se prévaloir d'études académiques, ayant étudié de long en large les grands auteurs, de Racine à Proust. Bien souvent, les écrivains ont une expérience du journalisme, s'étant très tôt consacrés à l'écriture, maniant aussi bien la prose que la versification.

Le jour où ils se mettent à écrire, les portes des éditeurs semblent tout naturellement leur être grandes ouvertes. Pourtant, le nombre d'élus demeure extrêmement restreint. Pour preuve, un grand éditeur français précise qu'un seul premier roman sur les neuf mille qui lui sont adressés annuellement peut escompter être publié à compte d'éditeur. Et malgré cela, les élus, pour la grande majorité d'entre eux, demeurent dans le plus total anonymat tout au long de leur carrière.

Certains vous répondront que l'essentiel, c'est d'être lu. Je ne peux que leur donner raison et, pourtant, sans diffusion ni succès, qui pourrait bien se pencher sur nos écrits ?

Pour mon compte, je ne réponds que peu à la définition de l'homme de lettres décrite ci-dessus.

Issu d'une famille modeste, je n'ai que très rarement eu l'occasion de lire dans mon enfance et encore moins d'écrire. Je connais mal les grands auteurs. Ma formation, bien qu'éclectique ne m'a aucunement préparé à l'écriture ; néanmoins, à l'aube de mes vingt-cinq ans, j'ai tenté - par jeu et aussi par curiosité - de noircir quelques feuillets. Les premiers résultats m'apparaissaient plutôt décourageants jusqu'à que je rencontre un collègue de travail qui me parla, avec toute la ferveur dont les grands passionnés sont capables, de son inclination pour l'écriture et pour les romans à suspense anglo-saxons. Le déclic eut donc lieu sur mon lieu de travail, alors que j'effectuais un remplacement assez ennuyeux comme collaborateur du service-marchandises dans un grand magasin. Rares étaient les clients qui venaient troubler ma quiétude forcée par l'obligation d'assurer cette permanence. Pour seuls compagnons, je n'avais qu'une machine à écrire et du papier vierge. C'est donc tout naturellement que je relevai l'invitation de mon collègue à poursuivre mes préliminaires en écriture. De cette page (que je m'étais escrimé à rédiger de mes deux doigts tâtonnants) et des vifs encouragements de mon bienfaiteur me provint ma propre passion pour l'écriture de fiction. Depuis, j'écris dès que mon emploi et ma famille m'en laissent le temps, c'est à dire - vous vous en doutez - bien rarement...

 

Ô écriture ! Don de la nature grâce auquel, selon le mythe, seuls les nantis pourraient t'étreindre ?

J'userai d'une lapalissade que les instituteurs, écrivains et autres professionnels de l'écriture n'ont jamais cessé de rabâcher à chacun d'entre nous. Parachever un écrit de plusieurs centaines de pages, peaufiné dans ses plus infimes détails où chaque chapitre, chaque phrase et chaque mot ont été soupesés et calibrés pour qu'ils correspondent au plus près de la pensée, est effectivement un travail de longue haleine. Les heures de travail se comptent par centaines et nombreux sont ceux qui abandonnent au terme d'inéluctables moments de découragements. En réalité, rien ne sert de crouler sous le talent si l'on n'est pas pourvu d'une volonté de tous les instants. Et cela est d'autant plus exact pour les premiers écrits de l'auteur au sujet desquels il est en droit de douter, puisqu'il n'a encore jamais pu bénéficier (ou souffrir, c'est selon) des critiques de ses premiers lecteurs.

Mon parcours, comme celui de nombreux autres écrivains autodidactes étant venus tardivement à l'écriture, tend à démontrer qu'il est possible de publier un livre à compte d'éditeur, sans forcément être issu du sérail universitaire.

N'en déplaise à une certaine élite, parfois impitoyable face à de tels auteurs  !

 

Seuls ceux qui ont quelque chose à dire méritent d'écrire...

Autre affirmation, non sans consistance, qui ne résiste pourtant pas longtemps à l'épreuve de vérité. Tout écrit n'est de loin pas autobiographique. Il est certain que pour improviser une oeuvre de fiction, inventer à chaque chapitre de nouveaux personnages à la voix authentique et aux profils psychologiques sans cesse renouvelés, il est indispensable de s'appuyer sur des éléments vécus, observés ou entendus. L'écrivain, dans son quotidien, oscille souvent entre l'hypervigilance et la plus grande distraction, entre pistage et introspection. De ce grand brassage rehaussé d'une bonne ration d'imaginaire sourdent les plus beaux livres...

   
 

 


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